Le Groupement Professionnel de la Confection et de l’Habillement au sein de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) a organisé, dernièrement, à Gammarth, la 2ème édition du Festival des Jeunes Créateurs de Mode, et ce, dans le but de promouvoir ces jeunes talents et leur ouvrir de nouveaux horizons… En pleine crise du secteur du textile !

 

Pour Samir Ben Abdallah, président du groupement professionnel de la Confection et de l’Habillement au sein de la CONECT, «il est exagéré de parler de crise. Le secteur du textile traverse plutôt une période délicate, due à la concurrence nationale et internationale», nuance-t-il. «Tout le monde doit s’y adapter, y compris les jeunes créateurs de mode.»

Il ajoute : «Je sais que ce n’est pas évident pour ces jeunes de s’affirmer au milieu de cette rude concurrence, d’autant plus que les centres de formation et les écoles de mode livrent au marché de l’emploi quelque 700 diplômés, chaque année. Mais grâce à ce genre d’évènements (le Festival des Jeunes Créateurs de Mode), ces jeunes créateurs ont l’opportunité de promouvoir leurs produits en présence d’un jury européen. En effet, être visualisé par un tel jury, composé de professionnels du domaine, permettra aux meilleurs stylistes de décrocher éventuellement des marchés dans le Vieux Continent, notamment en France, en Allemagne, en Italie ou en Espagne.»

Maryline Bellieud-Vigouroux, présidente du jury du Festival et responsable des relations publiques et mécénat à la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode à Marseille, nous révèle à son tour qu’elle était impressionnée par le niveau des jeunes créateurs participants. «Je sens qu’il y a une énergie nouvelle en Tunisie et une volonté de bien vouloir créer un stylisme méditerranéen dans lequel l’artisanat tunisien se marie avec la haute technologie. C’est ce que l’international attend d’un pays comme la Tunisie. Il attend à ce que la Tunisie soit un producteur engagé, innovant et créatif», explique-t-elle.

Elle ajoute : «Pour ce qui est des jeunes créateurs de mode, notamment ceux qui ont un potentiel créatif important, j’estime qu’il est de leur obligation de devenir les ambassadeurs de la Tunisie à travers le monde. Pour cela, ils doivent créer leurs propres marques et être présents dans les différents salons professionnels dans les quatre coins du monde, à Londres, à  New York, à Milan, etc. A partir de là, ils se feront une place parmi leurs confrères des autres pays, telles la Turquie, le Liban, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, etc. C’est à eux de savoir s’imposer. Mais, ils doivent cependant être soutenus par le gouvernement tunisien. En effet, tous les ministères concernés (le ministère de l’Industrie, le ministère de la Culture, le ministère de la Coopération internationale, le ministère du Tourisme, le ministère du Commerce, etc.) doivent collaborer ensemble, et non pas chacun de son côté, pour aider ces jeunes et prouver au monde que, depuis six ans, la Tunisie est en marche pour devenir un pays compétitif en matière de mode.»

Lors du Festival des Jeunes Créateurs de Mode, nous avons aussi rencontré une jeune styliste modéliste, Mouna Naffati, 28 ans, diplômée du Centre Sectoriel de Formation en Textile de Tunis (à Ras Tabia) et gérante de son propre projet. Elle nous parle de son expérience dans le domaine : «Ça fait deux ans que j’ai lancé ma propre entreprise de mode, et ce n’était pas du tout facile, notamment au niveau du financement. On entend souvent dire que l’Etat encourage les jeunes entrepreneurs et les PME, mais malheureusement j’ai découvert que tout ça était du pipeau. Personnellement, j’ai lancé mon propre projet à partir d’un autofinancement. Mais malgré toutes les difficultés, je suis bien décidée de poursuivre mon rêve qui est de créer une marque connue sur le plan international.»

Tout comme sa collègue, Massaarra El Oudi, 27 ans, styliste modéliste, elle aussi, espère titiller l’international : «Je participe régulièrement dans les festivals et les concours de mode, tel le Festival des Jeunes Créateurs de Mode de la CONECT. C’est une occasion exceptionnelle pour moi, en tant que jeune créatrice de mode, de nouer des relations avec les grands professionnels du métier que ce soit sur le plan national ou international. La conjoncture est difficile certes, mais je reste toujours optimiste. Car si des créateurs de mode tunisiens, tels Azzedine Alaïa, sont devenus célèbres et reconnus à travers le monde, nous jeunes, nous le pouvons aussi.»

 

Slim MESTIRI

Slim Mestiri est le Rédacteur en Chef du journal électronique tunisien "Gamra". Il a travaillé dans plusieurs médias tunisiens. Il a une Maîtrise en Langue et Littérature Anglaise de la Faculté de Manouba.

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