Wafa Laâmiri, présidente du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises de Tunisie (CJD), nous dresse les obstacles que rencontrent les jeunes entrepreneurs et sur l’actualité de son organisation.   

Pouvez-vous nous dresser un petit bilan de votre parcours à la tête du CJD ?

Durant les neuf premiers mois que j’ai passés à la tête du CJD (depuis décembre 2015), j’ai mis en place avec le bureau exécutif, une stratégie basée sur deux axes stratégiques : la force du réseau et la force de proposition.

A travers le premier axe, le CJD vise à être représentatif de tous les secteurs et de tous les types d’entreprises (TPE, MPE, etc.). Ceci est d’ailleurs l’une des particularités de notre organisation.

Dans le cadre du second axe, le CJD a fait des actions et des propositions concrètes aux pouvoirs législatif et exécutif, notamment en ce qui concerne la loi des Finances, le code d’Investissements et l’administration en ligne (e-gov). Nous avons proposé, également, lors de notre rencontre avec le président de la République, en février dernier, la création d’un observatoire de l’entreprise.

 

En quoi consiste cet observatoire ?

Cet observatoire regroupera toutes les parties prenantes présentes dans l’écosystème de l’entreprise, notamment les administrations, les structures d’appui, le secteur privé, les organisations patronales et syndicales, et ce, dans le but de mettre en place un système de communication directe entre ces différentes parties et trouver des solutions opérationnelles aux obstacles que rencontrent les entreprises pour améliorer leur compétitivité et donc favoriser la croissance et l’emploi. Le projet de cet observatoire sera présenté au Chef du gouvernement, le 2 décembre prochain, lors du congrès annuel du CJD, qui sera cette année sous le thème «la crise, une opportunité pour le changement». D’ailleurs, en parlant de crise, il convient de rappeler que les jeunes entrepreneurs sont de vrais militants, qui œuvrent quotidiennement à maintenir en vie leurs entreprises et les emplois de leur personnel.

 

Pourquoi dites-vous cela ?

Dernièrement, le DG de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) a révélé un chiffre très alarmant : le taux de mortalité des entreprises fraîchement créées s’élève à 80% ! Cela veut dire, clairement, que les jeunes entrepreneurs manquent d’accompagnement durant la phase post-création du projet, et se trouvent généralement livrés à eux-mêmes. Il faut y remédier le plus tôt possible.

 

Le CJD est implanté aujourd’hui dans une dizaine de régions, principalement des régions côtières (Tunis, Ariana, Bizerte, Sousse, Nabeul, Monastir, etc.), et est quasi absent dans les régions intérieures. Comment expliquez-vous cela ?

Nous avons des adhérents dans les quatre coins du pays, de Tataouine à Bizerte. Mais pour implanter une section régionale, il faut au moins 12 personnes convaincus des valeurs du CJD, et ce, d’après notre règlement intérieur. Cela n’est pas toujours évident, surtout dans des régions où la culture entrepreneuriale et le potentiel économique sont limités.

 

Le Chef du gouvernement a incité, en septembre dernier, les hommes d’affaires, y compris les jeunes, à investir dans les régions intérieures et à «prendre ce risque». Qu’en pensez-vous ?

Avant de «prendre le risque» et investir dans les régions intérieures, l’Etat doit offrir quelques garanties, notamment au niveau du transport et de l’infrastructure. Les investisseurs, nationaux et étrangers, ne peuvent pas investir si on ne leur offre pas les conditions nécessaires.

 

En tant que femme chef d’entreprise, comment expliquez-vous le faible taux des femmes entrepreneures (entre 13 et 15%) ?

A mon avis, cela est dû essentiellement à des blocages psychosociologiques. En effet, la quête de stabilité, d’un salaire fixe, d’un foyer, etc. n’encouragent pas vraiment la femme à entreprendre.

 

Un mot, enfin, sur la huitième édition des CJD Business Awards, prévue en décembre prochain ?

Ce concours organisé, depuis 2008, par le CJD, a pour objectif de récompenser des jeunes dirigeants tunisiens ayant fait preuve de leadership dans le développement de leur entreprise, de valoriser dans les parcours le sens de l’initiative et l’originalité des projets et de promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat.

Les CJD Business Awards permettent aux jeunes lauréats de bénéficier d’une forte médiatisation sur la scène économique, d’un accompagnement et de connexions aux réseaux du CJD et ceux de ses partenaires. Je profite de cette occasion  pour rappeler que le dernier délai de soumission des candidatures est fixé au 30 octobre prochain.

Propos recueillis par

Slim MESTIRI

Slim Mestiri est le Rédacteur en Chef du journal électronique tunisien "Gamra". Il a travaillé dans plusieurs médias tunisiens. Il a une Maîtrise en Langue et Littérature Anglaise de la Faculté de Manouba.

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